OFF-WHITE SS26 (crédit : Cris Fragkou)

C’est parti pour le Fashion Month womenswear Spring Summer 2027 avec le coup d’envoi à New York qui a vu cette saison le retour au calendrier de Tommy Hilfiger et Thom Browne, l’arrivée de Madga Butrym, la confirmation de Rachel Scott chez Proenza Schouler ou encore les débuts de
Henry Zankov en tant que nouveau directeur artistique de Diane von Fürstenberg. Récap en 10 points.

Alors que les Etats-Unis continuent de dépendre des coups de folie de leur président, la ville de New York era Zohran Mamdani n’a jamais autant fait office de poche de résistance – au point que le New York Magazine faisait récemment sa Une sur “Habibi City”, pour célébrer l’effervescence de la ville grâce aux diasporas venues de l’Afrique du Nord à l’Asie du Sud-est. Pour autant, le vivre-ensemble n’est pas encore complètement au beau fixe comme le montre quelques temps forts de cette édition mode. D’abord, avec l’annulation pure et simple de l’exposition Galliano au MET, toujours impossible à réhabiliter et persona non grata pour ses propos antisémites et anti-asiatiques tenus il y a quelques années. Mais aussi avec le scandale de la semaine : l’agression physique de deux militants PETA par le directeur du CFDA Steven Kolb. Ou encore la polémique autour du défilé du streamer Twitch Kai Cenat, qui rejoint le traditionnel débat de la légitimité des créateur·rice·s de contenus à pouvoir présenter des collections au calendrier officiel, au détriment de designers plus méritant·e·s. On notera toutefois des moments de joie comme le “défilé du peuple”, signé KidSuper à Brooklyn, pour réunir des talents locaux sous les yeux du public du quartier. Après plusieurs saisons ronronnantes, la mode new-yorkaise est plutôt en forme.

1. L’arrivée conquérante de Magda Butrym

Originaire de Varsovie, l’aguerrie Magda Butrym défile pourtant pour la première fois à New York. Une collection toute en female gaze : du volume puffy, des trenchs conquérants, mais mixés avec des sages collants, des nuisettes et jupons, des superpositions de soies et dentelles délicates. Un layering pensé pour rappeler que la féminité joue souvent la carte du “tough” à l’extérieur – jupes crayon, épaules marquées – pour se faire plus sensible et douce à mesure que les couches s’enlèvent, façon Belle de jour romantique.

2. Le comeback de Tommy Hilfiger
Lii SS26

Pour célébrer son retour au calendrier, Tommy Hilfiger joue à domicile en investissant le Plaza, adresse mythique où il a longtemps vécu avec sa famille. Le tenant de la collection est du même acabit 100% New Yorkais: intitulée “Preppy Prep”, le vestiaire – à la fois homme et femme – est une ode aux codes du genre. De l’Americana Ivy League traduit ici par des polos de rugby, des chemises Oxford, des mocassins, du color block iconique – rouge, blanc, bleu marine mais aussi vert sapin ou jaune – ou des mix de carreaux et rayures. Le tout heureusement réinterprété à la sauce cool, entre volumes lose, encolures ouvertes et décalées ou têtes supplantées de bobs ou de casquettes. Soit quarante ans de style new-yorkais revisité dans une certaine nonchalance chic.

3. La confirmation de Proenza Schouler

Rachel Scott aime construire une mode à la fois structurée, libre et cérébrale comme les femmes qu’elle habille. Inspirée par les New-yorkaises et leur manière de s’affranchir des codes attendus, elle propose ici des silhouettes pensées pour le 9 to 5 et plus encore. Concrètement, un vestiaire tout en proportions, centré autour de la taille, que ce soit avec des basques ajourés ou des jeux d’imprimés décalés sur les hanches, les combo jupe mi-longue et bustier tube, les drapés ou les tailles basses. Go sur les matières bold comme les camaïeux de sequins ou les coups de pinceaux abstraits qui rappellent la grammaire de ses prédécesseurs et fondateurs de la marque Jack McCollough et Lazaro Hernandez. Tout en traçant sa route.

4. Le minimalisme contemporain de Calvin Klein

Réinventer le minimalisme chaque saison est un tour de force qui ne semble pas effrayer Veronica Leoni. Pour la saison prochaine, elle articule son vestiaire autour des pièces fondamentales de la maison comme le manteau, la chemise, le pantalon, la jupe crayon et le tailoring. Le camaieu est épuré – blanc, noir, grège – mais dopé par des accents pop comme du bleu, du rouge, des pastels mais aussi des carreaux, inspirés par la peintre américaine Georgia O’ Keeffe. Des propositions néanmoins plus sassy qu’il n’y paraît, comme avec des pantalons très taille basse, des bustiers posés sur des chemises ou des slip dress structurées façon robes du soir. Essentiel(s).

5. La néo-Renaissance de Luar

Intitulée “Christopher Street Colombus”, la collection de Raul Lopez – d’origine dominicaine – joue sur deux tableaux : celui de Christophe Colomb et de la colonisation mais aussi de Christopher Street, repaire queer de la ville. Pour cette dichotomie, le vestiaire pioche dans l’Histoire avec des culottes bouffantes, des manches jabots, des épaules monumentales, des velours rayés Tudor mais aussi dans l’imaginaire pirate avec des têtes couvertes de foulard ou de bottes prévues pour une mutinerie. Lopez convoque ensuite la figure du vampire, Les silhouettes se déclinent ensuite en robes longues crochetées ou frangées, comme des vestales flamboyantes et déchiquetées. Luar et la manière.

6. Diotima tout en longueurs

Pour la saison prochaine, Rachel Scott s’inspire de la mer, sans pour autant être littérale. Pour Diotima, cela passe par une ode au long, comme ondulant sur les corps, des cascades de volants pour évoquer les algues mais aussi des jeux de proportions, notamment avec des basques en biais sur les hanches, ou des pantone de matières comme des touches d’organza ondoyant pour rappeler la richesse marine. Pour autant, la sirène est pensée pour arpenter les rues de New York, le vestiaire s’urbanise avec des trenchs revisités, les couleurs – noir, mousse, galet, sable – se fondent dans tous les paysages. De quoi faire des vagues.

7. La romance criminelle de Khaite

Des chemises et des ceintures foulard nouées à la va-vite, des soutien-gorges apparents, de la transparence, des cheveux en bataille… Chez Khaite, l’esprit de la saison est à la romance criminelle dans un départ d’hôtel précipité au petit matin. Une vision inspirée à Catherine Holstein par les moulures du bar du palais Gritti à Venise. Les silhouettes jouent les contrastes avec du cuir noir et des volumes (basques, épaules, volants) pour asseoir la puissance, contrebalancés par du flou comme de la mousseline pastel rappelant des soieries vintage mais surtout une incroyable résille rebrodée de fleurs ou des détails de guipure.

8. Thom Browne en plein fantasque

Dans un décor à la fois naïf et gigantesque, le fantasque Thom Browne cultive son jardin. Inspiré par le film d’animation 1001 Pattes, sa collection est une ode aux petites bêtes. De chrysalides en marguerites XXL, sa vision peut éclore dans les herbes folles. D’abord avec son ADN récurrent : du tailoring précis et décliné sous toutes ses formes, des patchworks de carreaux, des canotiers à voilettes. Arrive alors le précis d’entomologie avec des manteaux brodés de libellules, d’abeilles ou de gypsophile, des vestes aux colonies de fourmis ou de nuées de papillons mais aussi des jeux de structures avec de sculpturales robes boule contrebalancées par la légèreté des mousselines à carreaux, façon mues de cocons. Une histoire de métamorphose mais surtout de poésie toujours bienvenue.

8. Thom Browne en plein fantasque

Dans un décor à la fois naïf et gigantesque, le fantasque Thom Browne cultive son jardin. Inspiré par le film d’animation 1001 Pattes, sa collection est une ode aux petites bêtes. De chrysalides en marguerites XXL, sa vision peut éclore dans les herbes folles. D’abord avec son ADN récurrent : du tailoring précis et décliné sous toutes ses formes, des patchworks de carreaux, des canotiers à voilettes. Arrive alors le précis d’entomologie avec des manteaux brodés de libellules, d’abeilles ou de gypsophile, des vestes aux colonies de fourmis ou de nuées de papillons mais aussi des jeux de structures avec de sculpturales robes boule contrebalancées par la légèreté des mousselines à carreaux, façon mues de cocons. Une histoire de métamorphose mais surtout de poésie toujours bienvenue.

9. La nouvelle ère de Diane Von Fürstenberg

Après plus de cinquante ans de bons et loyaux services rendus à la mode américaine, l’iconique Diane Von Fürstenberg passe la main. Pour sa première collection très attendue, son successeur Henry Zankov a bien eu le mémo de la passation. Sur le podium, de la Wrap dress évidemment, mais aussi d’autres hommages maison comme le logo en all over mais aussi des couleurs saturées (orange, fushia, émeraude…) et des imprimés bold (zèbre, léopard, fleurs….). Une vibe plutôt seventies personnifiée par des lavallières ou des costumes pantalons mais twistée par des coupes fluides, pensées pour libérer le corps. Du DVF pur jus donc.

10. Cos joue la carte du workwear

Petite entorse au calendrier, le défilé COS présente la collection automne-hiver 26/27. Au menu donc, du workwear et de l’intemporel. Ici, les looks sont pensés pour vivre du matin au soir, façon Office Siren prête à sortir le soir sans repasser par chez elle. Des lignes sobres, des cols structurés, du minimalisme boostée par de bons détails, comme un combo top-jupe façon tissage de cuir, des broderies ton sur ton ou des fentes judicieusement placées. De l’épure chic, taillée pour le quotidien.