Willy Chavarria FW26

Après un petit mois de fashion weeks homme, Paris vient de clôturer en beauté une saison fall-winter 2026 riche en affirmations et en confirmations. Entre la performance politique de Jeanne Friot, le film-défilé de Willy Chavarria, le parti pris et la prise de risque de Jonathan Anderson pour Dior et l’élégance retrouvée de Pharrell Williams pour Louis Vuitton, Paris restera toujours Paris. Récap en 13 points.

1. LE QUARTÉ GAGNANT
Dries van Noten FW26

Dries van Noten
Avec sa deuxième collection masculine pour Dries van Noten, Julian Klausner signe probablement l’une des meilleurs collections de la saison et s’affirme définitivement comme l’une des nouveaux designers de notre génération. Ici, il explore la transition discrète du départ du foyer vers la ville, célébrant les manières sincères et spontanées dont les jeunes expérimentent leurs premières garde-robes indépendantes. Résultat, on a droit à une esthétique proche de la “grand-mère chic”granny chic : pulls oversize à losanges, tricots Fair Isle, grandes capes façon couvertures pour le voyageur moderne, mélange ludique de proportions et textures dépareillées associant des imprimés floraux comme des touches pastel à des accessoires de voyage pratiques.

Saint Laurent FW26

Louis Vuitton
Cette saison, Pharrell Williams aura gagné en maturité et en raffinement en dévoilant une collection SS26 rendant hommage au sartorialisme indien moderne, avec la touche de dandysme qui caractérise la maison française. Présenté dans le 4ᵉ arrondissement de Paris, sur le parvis du Centre Pompidou, le défilé monumental allait bien au-delà d’un simple show avec un catwalk reprenant la forme du plateau de jeu de société “Serpents et Échelles”. Conçu en collaboration avec les architectectes de Studio Mumbai, ce dernier permettait à la collection de prendre tout son sens en s’inspirant des environnements sensoriels de l’Inde et en explorant les subtilités et l’élégance du vêtement indien contemporain : tissus, coupes, couleurs, tailoring, pyjamas etc… Un vrai step-up dans la direction de Pharrell Williams qui lui permet d’être un peu moins gimmick dans son approche créative. Et ça, on apprécie d’autant plus. NB : coup de coeur pour les pièces et les bagageries reprenant le fameux imprimé de la bagagerie aperçue dans dans le film Darjeeling Limited de Wes Anderson.

Saint Laurent FW26

Saint Laurent
Sous la coupole de la Bourse du Commerce, Anthony Vaccarello revisite les codes du film noir tendance érotique. Le point de départ de sa collection ? Le roman La Chambre de Giovanni de James Baldwin, triangle amoureux entre deux hommes et une femme, et inspirations pour un vestaire masculin de saison. Le point d’orgue de sa vision, du costume évidemment, avec veste croisée, épaules et tailles marquées, revisités légèrement lose pour que la jambe se fonde sur la chaussure, relevés par les bons détails : du cuir, du mix and match de rayures, des lunettes noires mais surtout, des jeux de foulards, noués en juxtaposition ou en cravate. Et pour le sexy ? Des cuissardes chaussettes en vinyle noir. L’homme mystère donne chaud.

Dior FW26

Dior
Pour sa deuxième collection masculine pour la maison Dior, Jonathan Anderson semble avoir enfin (ré)embrasser sa démesure et son fameux côté ludique, au travers d’une collection qui prend plusieurs directions mais aussi des prises de risques (au point parfois de diviser la critique). Pourtant, son étrange mélange de références fait mouche. Ici le créateur britannique puise son inspiration dans la figure du flâneur “jeune aristo”, en mêlant les codes architecturaux de la maison française à l’opulence fluide et cosmopolite du légendaire couturier Paul Poiret. C’est osé et ça offre une silhouette qui explore un joyeux brouillage des frontières de genre mais aussi des conventions formelles, notamment grâce à des vestes Bar ajustées et raccourcies ainsi que des redingotes allongées, associées de manière inattendue à des caleçons longs, des chemises à lavallière, des pantalons slims, des perruques jaunes fluo, des épaulettes pailletées et des manchons en fourrure. Au premier abord, ça semble beaucoup d’infos à digérer mais au final la recette prend bien et offre l’une des collections les plus audacieuses de la saison.

2. La mode performance et émotion
Willy Chavarria FW26

Willy Chavarria
En ce qui concerne les “cultural reset”, on pourra toujours compter que Willy Chavarria, véritable storyteller engagé de la mode contemporaine. Avec sa collection fw26, il délivre ici sans doute l’un des shows les plus spectaculaires de ces dernières années. Baptisée “Eterno”, le défilé a comme transporté le “barrio” jusqu’en France, transformant la salle de judo Dojo dans le 14e arrondissement de Paris en une sorte de telenovela IRL où des artistes de musique latine croisaient des vagues de mannequins. Histoire de marquer le coup, le show était rythmé par des performances de Mon Laferte, Lunay, Mahmood, Feid, Santos Bravos ou encore Lil Mr. E et Latin Mafia. Côté collection, on retrouvait tous les grands classiques versatiles qui font le succès de Papa Willy — silhouettes aux volumes oversize, pantalons droits et ajustés, blazers et manteaux aux proportions maîtrisées —avec quelques nouveautés comme de la fausse fourrure léopard, des imprimés serpent et enfin quelques touches de rose, cobalt, jaune et rouge. Un show qui restera dans les annales de la mode.

Jeanne Friot FW26

Jeanne Friot
La créatrice française Jeanne Friot a lancé mardi la Fashion Week parisienne avec un défilé chorégraphié d’une grande intensité, accueilli par une standing ovation, affirmant une vision de la mode résolument engagée dans la défense des identités LGBT+. “Mon engagement, il vient de ma personnalité, le fait d’être une femme lesbienne, une femme queer”, a confié la créatrice de 30 ans, reconnue pour son approche éco-responsable et son vestiaire non genré. Présentée sur la scène du Théâtre du Rond-Point, sa nouvelle collection hivernale mixte, baptisée “Awake”, illustre pleinement cette démarche, aussi bien dans son message que dans son esthétique. Pensé comme une véritable “performance” plutôt que comme un défilé traditionnel, le spectacle a réuni vingt-trois danseuses et danseurs du Ballet de Lorraine, sous la direction de la chorégraphe Maud Le Pladec. “La danse dans nos milieux queer est prépondérante comme endroit de résistance”, a rappelé Jeanne Friot. On danse avec elle quand elle veut.

3.Paradis FW26

3.Paradis
Emeric Tchatchoua, designer de 3.Paradis qui vient tout juste d’être nommé Chevalier des Arts et des Lettres, a décidé pour l’automne-hiver 2026 de rendre hommage à son frère décédé, ainsi qu’aux souvenirs des proches partis trop tôt. “Ils ne sont plus avec nous, mais ils vivent encore quelque part dans notre esprit”, a-t-il déclaré en coulisses avant le début du défilé. Pour ce faire, il a donné rendez-vous à ces invité·e·s dans les allées du parc George Brassens, qui jouxte son quartier d’origine dans le 15e arrondissement de Paris. Ici résonnaient une playlist joyeuse à coup d’énormes enceintes dont le son baignait tout le quartier. L’idée ? Célébrer le deuil dans la joie afin de créer des souvenirs heureux. Résultat, la collection mêlait différentes influences allant d’un cortège funéraire à une fête (costumes noirs, référence à la silhouettes de B-boys, tailoring Harlem Renaissance, chemise à collage, bomber en patchwork de cuir avec des détails en appliqué, collaboration de paires de chaussures avec la marque Ugg), avec de-ci de-là le visage de son frère qui apparaissait comme un rappel, comme un autel, en motif répété sur un imprimé photo encadré.

Kidsuper FW26

Kidsuper
Le défilé automne-hiver 2026 de KidSuper, “Outside the Box”, s’est ouvert sur un court-métrage original écrit et réalisé par Colm Dillane et mettant en scène Vincent Cassel. Tourné à Paris, ce film projeté sur une boite faite d’écrans a permis une fois de plus de renforcer la position de KidSuper comme un projet multidisciplinaire où le vêtement n’est qu’une partie d’un langage créatif plus large. Longtemps associé au maximalisme onirique, Ici, KidSuper s’est associé au styliste Imruh Asha pour élaborer les silhouettes de son show. Alors que la boite lumineuse se levait dans le ciel, laissant apparaître quelques tables et chaises de café parisien sur lesquelles les mannequins s’installaient, la collection explorait des archétypes cinématographiques, plaçant légendes et icônes aux côtés de références personnelles, où les modèles de l’enfance côtoyaient les héros modernes.

3. Le temps des adieux
Hermès FW26

Hermès
À l’heure des grands mercatos, un nom n’a pas bougé depuis 1988, celui de Véronique Nichanian, à la tête de l’homme chez Hermès. Une longévité sans faille qui s’explique par une vision intemporelle de ce que doit être un vestiaire masculin : du prêt-à-porter au sens le plus élégant du terme, des détails cool et un travail des matières exigeant. Pour son dernier tour de piste, elle mise sur le cuir, sous toutes ses formes, avant de donner les clés à Grace Wales Bonner la saison prochaine.

CamperLab FW26 (x3), White Mountaineering FW26 (x3)

Camperlab et White Mountaineering
Clap de fin aussi chez Camperlab, où le directeur artistique Achilles Ion Gabriel, qui avait intégré la maison espagnole en 2019, présentait donc une dernière collection mixte, inspirée par le cuir et le denim vieillis. Une vibe patinée inspirée de son enfance en Laponie, en Finlande, sublimée par une performance live envoûtante de la chanteuse Annahstasia. Enfin cette saison, on dit également au revoir chez White Mountaineering : vingt ans après avoir fondé sa maison, Yosuke Aizawa profite de la bonne forme de sa marque pour se consacrer à d’autres projets, laissant une collection inspirée du mouvement artistique néerlandais De Stijl, à l’avant-garde de la modernité. Au menu, des vêtements techniques très gorpcore (doudounes, leggings, joggings matelassés, capuches) portés avec des amulettes mystérieuses autour du cou.

4. Un hiver quadricolor
IM Men FW26

Parce que personne n’est contre un petit shot de dopamine en ce moment, go sur un pantone bright pour l’hiver prochain. Chez Issey Miyake, les couleurs se portent en total look bleu, lie-de-vin… Mais surtout en ombré dégradé bleu-jaune ou bleu-gris-rose. La bonne idée (pas chère dans la France de Macron) ? Accumuler les écharpes de couleurs différentes. Pour frapper un grand coup contre la morosité, Walter Von Beirendonck joue lui la carte de la silhouette fun et ultra-colorée, comme à son habitude. Mais si vous n’êtes pas chaud pour être le petit soleil du bitume, direction Auralee qui a choisi de nous donner des couleurs par petites touches sur des bases plus neutres, comme des accents vert acide, rouge ou bleu turquoise. L’hiver coloré se la joue aussi total look, comme avec les survet’ de kiffeur — l’un bleu ciel chez Kidill, l’autre rouge chez Doublet —, ou encore les combinaisons jaune ou verte chez Jacquemus. Et pour les plus wild, il reste l’option costume violet à carreaux chez ERL. Sans oublier le Tie and Dye psychédélique de Lazoschmild.

5. On est marron ! (bis repetita)

S’il y a bien un code couleur à respecter l’hiver prochain, ce sera le marron. Initiée avec le Mocha Mousse, la couleur élue par Pantone pour 2025, la tendance qui avait déjà explosé les compteurs pour le printemps-été 2026 se perpétue chez l’Homme pour la saison automne-hiver 2026-2027. Décliné sur des pièces en cuir, en laine, en daim, en velours ou encore sur des matières techniques (Lemaire et Sacai), il est souvent relevé d’une touche de rouge comme chez Kid Super ou Amiri. Le comble du fashion statement étant de cumuler plusieurs teintes en une seule silhouette comme chez Songzio ou Wooyoungmi où le café, le chocolat, le tabac et la cannelle se mélangent pour un cocktail explosif d’élégance et de douceur.

6. Les comebacks bien installés et les petits nouveaux
Jacquemus FW26

Désormais de retour pour de bon dans le calendrier parisien depuis maintenant un an, Jacquemus a présenté sa collection automne-hiver 2026, “Le Palmier”, au sein du Musée Picasso à Paris, marquant un retour dans l’un des lieux les plus emblématiques de la Maison. Présenté dans un hôtel particulier du XVIIᵉ siècle, le défilé évoquait la lumière atmosphérique d’une fête en début de soirée et annonçait un nouveau chapitre décisif pour la maison de mode indépendante. Côté vêtements, la collection dialoguait avec les archives de la marque, s’inspirant notamment des premières années de Simon Porte Jacquemus à Paris et de la “queue de cheval en forme de palmier” de sa fille. Cette muse a ainsi donné naissance à une silhouette mêlant les formes sculpturales de la couture des années 1950 à une sensualité des années 1990, tout en intégrant l’humour satirique et technicolor du cinéma français des années 1980.

Une autre marque vient tout juste de revenir à Paris (hors calendrier officiel). Il s’agit de Beautiful People. Pour son retour le label japonais s’est posé une question : jusqu’où un seul vêtement peut-il transformer votre vie ? La réponse, traduite dans des coutures réversibles et une construction modulaire, est : plus loin que vous ne l’imaginez, puisque la collection s’ancrait conceptuellement dans le Système D, cette philosophie française de la débrouillardise. Soit l’intelligence de se débrouiller grâce à la créativité. Pour le directeur artistique Kumakiri, les limites ne sont pas une perte, mais un espace de réinvention. Tirer le maximum du minimum. Découvrir des possibilités infinies dans une seule forme fixe. L’autre petit nouveau du calendrier (officiel cette fois), c’est Magliano. Normalement présente à Milan, la marque italienne a présenté ici sa collection baptisée “FUNDLUGGED”, qui avait pour but de réinventer le luxe brut à travers des tweeds et du mohair inspirés des années 1990, ainsi qu’une veste utilitaire Taxi Jacket. Dans l’ensemble, les créations mêlaient aussi tartans folkloriques et imprimés de soie domestique pour évoquer une atmosphère lyrique et chaleureuse du foyer.

Enfin, les deux petits derniers nouveaux du calendrier officiel ne sont autres que KML et Sonia Carrasco. Le premier organisait le premier jour de la fashion week parisienne une présentation à l’Institut du monde arabe. Introduite à PFW via Burak Cakmak (Saudi Fashion Commission), la marque saoudienne KML, codirigée par Ahmed Hassan, s’était déjà faite remarquer lors d’un premier défilé au Palais de Tokyo et d’un showroom à l’hôtel Mona Bismarck en juillet 2024. Quant à Sonia Carrasco, créatrice barcelonaise connue pour travailler en étroite collaboration avec des artisans et ateliers locaux, elle a elle aussi rejoint pour la première fois le calendrier de la fédération et a dévoilait une collection qui intégrait des techniques traditionnelles dans des vêtements contemporains.

7. Suit me up !
Junya Watanabe FW26

Quand rien ne va fort, autant s’en remettre aux valeurs refuges. Dans le dressing masculin, c’est du côté du costume que ça se passe. D’abord chez Junya Watanabe qui y va full premier degré avec l’élégance surannée revisitée des costumes trois-pièces agrémentés de manteaux posés sur les épaules et de chapeaux haut-de-forme, mais aussi avec des looks plus loubards britanniques sixties avec chapeaux melon à la Orange Mécanique. A noter aussi le retour du costume inspi Californie seventies, comme chez Amiri ou Maison Mihara Yasuhiro, avec un mix de veste en cuir et pantalon avec pli sur la jambe, façon propriétaire terrien de la Napa Valley. Pour un look plus Loup de Wall Street, le costume gris se modernise chez Officine Générale ou Dior. Le costume se réinvente aussi porté avec une jupe au genou, comme chez Maison Mihara Yasuhiro ou Sacai. Envie d’un peu plus de drama ? Go sur le smoking queue de pie façon Klaus Nomi de Dior.

8. La mode réaliste
Saint Laurent SS26, Maison Mihara Yasuhiro SS26, Feng Chen Wang SS26, Juun J SS26, Hed Mayer SS26, Valette SS26

Un pull marinière, une polaire, du denim délavé, un manteau en laine, un bas de jogging, une chemise bleu ciel, un pantalon cargo, une veste de costume, le tout une taille au-dessus pour donner assez d’allure et d’aisance, dignes d’un·e Parisien·nne. Cette nouvelle collection d’Alexandre Mattiussi c’est un “vestiaire réaliste pour habiller ses ami·e·s” soit le point de départ de sa marque, Ami, lancée en 2011 et dont le nom est brodé sur les casquettes, portées avec un long manteau beige en laine façon John John Kennedy. Aussi, un rouge franc revient comme un gimmick sur les gants en cuir, un pull noué sur les épaules, des collants, une écharpe ou encore en rouge à lèvres. On veut bien faire partie de ses ami·e·s.

Un flow à la fois casual et raffiné qu’on retrouve dans de nombreuses collections comme celles de Louis Vuitton mais aussi chez d’autres marques plus confidentielles comme Aldo Maria Camillo et System. L’idée étant de mélanger les genres, de mixer un jogging avec un manteau habillé, le denim avec une veste de costume et un pull nonchalamment noué sur les épaules… Si en plus, on arpente les rues d’un pas lent, les mains dans les poches, le tour est joué.

9. Se tenir à carreaux

Si vous aviez prévu de passer aux imprimés, il vaut mieux s’en tenir aux carreaux. Il y a ceux qui choisissent le basique tartan punk, sur un costume chez Agnès b, sur un lourd manteau en laine et son écharpe plaid chez Egonlab ou encore sur un trench à zip chez Kidill ambiance Camden Market. Peut-être l’occasion de réhabiliter la philosophie contestataire qui va avec ? Considéré aussi comme un classique d’hiver, l’imprimé tartan se déconstruit chez Sacai sur un total look, veste et pantalon-jupe, et embrasse la petite bourgeoisie sur une chemise Acne Studios ou sur une chemise chez Auralee. Et pour embrasser son esprit sauvage, on opte plutôt pour la chemise de bûcheron exploitée par Creole, Willy Chavarria, Maison Mihara Yasuhiro, Bluemarble ou encore Kolor.

10. Take a walk on the dark side
Rick Owens FW26

En réponse à l’époque anxiogène, le post-apocalypse n’a jamais été plus d’actualité. Des envies de révolte et de défiance face à l’autoritarisme ambiant, c’est ce que provoque la collection Rick Owens, présentée dans une atmosphère de fumée, façon manif de protestation. Un vestiaire punk utilitaire, où les silhouettes droites, le pantone sombre ou les bottes hautes évoquent des uniformes, contrebalancés par des accessoires de Black Bloc – lunettes anti gaz, cols clippés ou bénitiers XXL, gant-mitaines – pour aller péter des vitrines sans se faire repérer par des IA de surveillance.

Une ambiance dark, également chez Louis Gabriel Nouchi, qui entre parking souterrain et hommage à H.G Giger, revisite les codes du costume sombre portés avec des visages cachés, des jeux de layering et de proportions XL, accessoirisés par des cagoules en voile noir ou des harnais de visage, entre anonymat et silenciation. Un esprit kink chic également repéré chez Songzio, entre travail du cuir, cagoules en maille et cols-écharpes exagérés. Une vision de la vie assez dark mais sublimée avec élégance, presque gothique, comme chez Egonlab et ses costumes à col de plume sculpturaux ou chez Sean Suen et ses cols pointus façon Nosferatu.

11. C’est dans l’hair

Outre les accessoires habituels, ceintures, sacs ou écharpes, sur les défilés automne-hiver 2026-2027, les cheveux en pétard habillent n’importe quelle silhouette d’un statement punk. Chez Dior, l’alternance entre la wig jaune à coupe mulet et les cheveux hirsutes confèrent un esprit rebelle qui clash avec les tenues à strass et d’inspiration Art Déco. Chez Comme des Garçons, les perruques aux cheveux fous débordent des masques camisoles et du côté de Yohji Yamamoto, pas de postiche mais des cheveux en l’air, tenus par le gel. Enfin, chez Kidill, la wig façon dreadlocks en tissu est de mise quant à Rick Owens, qui en fait toujours plus, propose un modèle avec des mèches rose façon Kylie Jenner 2016.

12. The category is : “Schoolboy”
Song for the mute FW26

Cette saison à Paris, il y a eu une grosse tendance “schoolboy”. Préparez-vous donc à reprendre les ban(c)s de l’école (seulement côté vestimentaire, on vous rassure). Une tendance d’abord observée chez la super marque australienne Song for the mute qui a shooté son collection “Playground” (logique) devant une photo de cour école en réinterprétant tout ce qui fait la silhouette écolière façon ivy league : cravate, tartan, caban, casquette de baseball etc. Une vibe sortie de classe aussi vu chez Maison Mihara Yasuhiro comme chez le Taïwanais Peter Wu qui a présenté une super collection mêlant sa passion du trecking, du voyage, de la famille et bien sûr de l’uniforme propre aux élèves.

13. Le savoir-faire indien à l’honneur

Cette saison, Paris aura été marquée par deux designers d’origine indienne, tout deux connu·e·s pour leur maîtrise de la broderie. D’un côté dans le calendrier officiel, on retrouve le travail de Kartik Kumra, fondateur et directeur artistique de Kartik Research. Demi-finaliste du prix LVMH en 2023, ce créateurs s’inspire des images issues des sous-cultures indiennes, et développe un vestiaire ancré dans les savoir-faire locaux. De l’autre, en off du calendrier, on retrouve Charlotte Chowdhury, directrice artistique de Rescha. Lancée en 2022, Rescha — qui signifie “fil” en hindi — est une marque pensée comme un espace de tissage entre les cultures indienne et française de sa fondatrice. Formée à Central Saint Martins à Londres, la créatrice passée par Wales Bonner, Jacquemus et Lemaire, développe une mode sensible et engagée pour des corps et des récits féminins longtemps marginalisés. Sa dernière collection FW26, toute en subtilité, l’a une fois de plus démontré.