Malgré son triomphe cannois, où sa Queer Palm est à peu près allée de soi dès sa présentation en tout début de festival, et aurait donc pu lancer un certain mouvement à l’instar de celui qui a porté “Jim Queen” à près de 400 000 entrées (mais comparaison n’est pas raison : une comédie d’animation n’est pas un slasher méta), “Teenage Sex…” semble avoir été étrangement enterré par son distributeur français, Mubi. Lequel a opté pour une sortie événementielle concentrée sur une salle date nationale, le jeudi 17 septembre. Ce n’est pas une première : le modèle se développe pour des œuvres censées mobiliser un public déjà constitué, dans l’anime, concerts filmés ou les blockbusters étrangers, notamment tamouls, importés pour les diasporas, et dont les séances ponctuelles peuvent afficher complet et se transformer en célébrations collectives. Pour un distributeur, l’équation est séduisante : créer la rareté, fédérer une communauté et produire l’impression d’un succès sans financer plusieurs semaines d’exposition. Mais l’événement est aussi un aveu de faiblesse : on croit assez au public queer pour remplir une salle en même temps ; pas assez au film pour lui laisser la possibilité d’en conquérir d’autres.