Mixte. Tu as une riche carrière d’étudiant en art dramatique, entre le conservatoire de Lyon, l’Esad, la classe libre du cours Florent… Qu’est-ce qu’on apprend en école de théâtre, et qu’est-ce qu’on n’y apprend pas ?
Julien de Saint Jean. J’y suis entré très jeune, à 15 ans. On apprend la rigueur du travail, la curiosité d’aller voir des spectacles, les grands textes… J’étais très libre, extraverti, et j’avais besoin qu’on me canalise. Ce que j’ai appris sur le tas, c’est le cinéma, car c’est très particulier. J’ai longtemps été stressé en casting. Je le suis moins maintenant, mais les deux premières années, je perdais mes moyens, je ne savais pas où poser mon regard, je ne parvenais pas à faire abstraction de la situation. Maintenant je sais ce qu’on me demande, et ça c’est important : connaître sa force, savoir l’utiliser et surtout être flexible, car c’est ce que les directeur·rice·s de casting recherchent. Je l’ai appris aussi grâce à une coach avec laquelle je travaille désormais.
M. C’est assez rare ça, non ? Que fais-tu exactement avec elle ?
J. D. S. J. C’est de plus en plus courant. Je me suis toujours dit que si je n’arrivais pas à faire quelque chose, je devais le travailler. Mon premier casting était une tape, c’est ma mère qui m’avait donné la réplique. À l’arrivée, on était trois garçons, je m’étais senti très stressé, j’étais convaincu d’avoir foiré, et par je ne sais quel hasard, j’ai quand même été pris. Mais je sentais qu’il y avait des choses que je ne maîtrisais pas, et que si j’avais été nul au casting, j’allais l’être sur le plateau. Donc j’ai décidé de bosser avec une coach. Celle-ci me suit depuis quatre ans maintenant. On travaille l’intonation, ou ce qu’on appelle “trouver son neutre”. Quand je travaille beaucoup, je la vois moins, mais sinon, une fois par semaine, pour garder l’énergie, un peu comme un·e athlète.