Apparu sur MySpace, Orelsan remplit dix ans plus tard des Bercy (Accor Hotels Arena, pardon), tandis qu’Eddy de Pretto, kid queer de la jeune scène française, multiplie les stories Instagram et les tubes. Ils ne s’étaient rencontrés qu’une ou deux fois, au gré de festivals et de plateaux télé. Alors, quand Mixte a imaginé un numéro tourné vers le futur, l’idée d’un entretien avec ces deux slasheurs s’est imposée, tant pour ce qu’ils incarnent de la jeunesse française que pour leur sens de l’époque, ciment de leur succès.
Mixte. Parlons peu, parlons mode.
Eddy de Pretto. On m’attend toujours sur la mode et je ne sais pas quoi dire ! (Rires)
M. Orelsan a créé sa marque. Comment est venue l’idée d’Avnier ?
Orelsan. J’ai toujours eu envie de faire des fringues. Pour les clips, je m’amusais à customiser mes chaussures, à personnaliser mes tee-shirts. Et ça, même avant de rapper, quand je faisais du basket ou du roller avec mes potes, et qu’on s’intéressait à plein de marques de niche. Et puis, j’ai rencontré ce gars, Sébastian Strappazzon, qui vient de Lausanne et qui faisait des vêtements depuis quinze ans. Il m’en filait plein, et au bout de quatre ou cinq ans, il m’a demandé si je voulais réaliser une capsule. Je lui ai dit : “Ah, ça fait longtemps que j’ai envie de monter ma marque, viens, on se lance !” Et on s’est lancés.
M. Ça répondait donc, d’une certaine manière, à tes propres besoins…
O. Quand on est dans la musique, on tourne des clips, on est sur scène. On se demande toujours comment on va s’habiller… Et comme je fais aussi de la réalisation, je n’arrête pas de réfléchir à ce qu’untel ou untel va mettre. Au bout d’un moment, tu te dis que c’est aussi bien de créer les trucs !
M. Tu bosses beaucoup sur ta marque ?
O. Tout le temps qu’il me reste en dehors de la musique. Seb dessine plus que moi, mais on s’envoie plein d’idées. Je gère aussi un peu la prod. On commence à avoir quelques personnes qui bossent pour nous. On produit au Portugal et un peu en France.
M. Et toi, Eddy, ta culture “marques” ?
E. de P. Je n’ai pas de marque, moi ! (Rires) J’ai grandi dans cette culture à mort, toujours avec un logo sur moi. J’aime l’idée du vêtement, de choisir ce qu’on porte, de voir comment ça taille, et ça finit forcément par aller de pair avec une marque, un logo.