Dans le cadre de la célébration de ses 80 ans, la marque américaine a posé ses docksides à Turin pour une deuxième édition de sa Rowing Cup. De quoi écrire un nouveau chapitre de son histoire, entre héritage nautique, esprit preppy et développement italien.

À Turin, l’aviron fait clairement partie du décor. Depuis la fin du XIXe siècle, plusieurs clubs squattent les rives du Pô, dont la fameuse Canottieri Armida, fondée en 1869. C’est dans ce cadre que Sebago a donc choisi d’organiser sa Rowing Cup, dont la deuxième édition s’est justement tenue ce samedi 19 septembre 2026. Un choix évident pour la marque américaine — devenue italienne depuis son rachat par le groupe BasicNet en 2017 — qui est née il y a 80 ans dans le Maine (Nouvelle-Angleterre) connu pour être le berceau de la culture nautique américaine.

À cette occasion, le rendez-vous a rassemblé des équipages universitaires venus de plusieurs pays européens, dans un esprit directement inspiré des grandes compétitions de rowing anglo-saxonnes. Neuf équipes se sont ainsi affrontées pour cette deuxième édition, parmi lesquelles Oxford, Hambourg, ESCP ou encore Bilbao — et c’est l’équipage allemand BSP RZ/HH qui l’a remporté (big up). Mais l’événement en soi dépassait largement la simple compétition puisqu’au-delà de la course d’aviron, le lieu reprenait les codes d’un campus américain, avec vestiaire preppy et moments de convivialité.

Une sorte de rencontre entre sport et style qui résume finalement assez bien l’évolution de Sebago. Ici, la marque a conservé ses références historiques (la chaussure bateau, l’univers nautique, le casual à l’américaine) tout en les inscrivant dans un contexte italien ou mode et lifestyle se rencontrent. “La force de Sebago réside dans le riche héritage de la marque, explique Marco Tamponi, Directeur Artistique de Sebago. Notre principale obsession a toujours été de ne pas nous limiter à être une simple marque de chaussures ; il est en effet difficile aujourd’hui d’exprimer une identité de marque à travers un seul produit. Notre ambition était donc de créer un véritable lifestyle Sebago.”

C’est à travers cette réflexion que la marque a d’ailleurs pensé le “Sebago Boat Tour”, une imposante embarcation reprenant la forme du célèbre modèle de chaussures Dockside. Créé pour les 80 ans de la marque, le bateau a connu une histoire plutôt insolite : retrouvé dans un entrepôt près de Londres, il a été restauré avec l’aide d’Azimut Yachts avant de partir sillonner l’Europe de Florence à Amsterdam, en passant par Paris et Milan ; avant finalement d’accoster à Turin où le bateau-soulier a trouvé sa place devant le River Center, nouvel espace multifonctionnel de la ville, où était également présentée la nouvelle collection de la marque.

Car si Sebago a fait de ses 80 ans une tournée anniversaire, la marque compte aussi en profiter pour développer son modèle au travers de nouvelles boutiques et de nouveaux produits. Résultat, après Florence, Saint-Malo, Rouen, Bordeaux et Saint-Tropez au premier semestre, Sebago vient d’ouvrir une nouvelle boutique à Bologne, Via Caprarie, en plein centre historique. Avec ses 78 m², cette nouvelle adresse rassemble chaussures, vêtements et accessoires dans un même espace. Une douzième boutique italienne doit par ailleurs ouvrir à Catane dans les prochaines semaines. De quoi mettre en lumière la liste des modèles de la dernière collection qui risque fortement de s’allonger dans le futur : Nous avons la chaussure et le cadre, il nous faut désormais construire le look complet et le style de vie de Sebago, indique Marco Tamponi. C’est pourquoi nous envisageons par exemple d’ajouter une gamme de vêtements d’intérieur, qui est un domaine très spécifique. J’adore la façon dont les vêtements d’intérieur peuvent, d’une certaine manière, refléter le style des gens.”

Un développement qui n’empêche quand même pas à Sebago de revenir à ses fondamentaux puisque toujours dans le cadre de son 80e anniversaire, la marque a choisi de lancer également deux nouvelles versions de la Docksides, fabriquées à Lewiston, dans le Maine, avec du cuir provenant d’une tannerie de Milwaukee. Un rappel concret de ses origines américaines et du savoir-faire qui a accompagné son histoire depuis 1946.