Mixte. Parlons destinations. Une idée pour les prochaines vacances ?
Vendredi sur Mer. Vendredi sur mer, mais il faut la trouver, je crois qu’elle n’est pas indiquée sur la carte…
M. Tu t’appelles Vendredi sur Mer. Pourquoi pas Jeudi à la Campagne ?
V. s. M. J’avais envie d’un nom qui soit un peu poétique et mon manager ne voulait surtout pas d’un prénom ! Je souhaitais différencier mon entité propre de celle de chanteuse. Ça me plaît d’avoir un nom comme ça, différent.
M. De quoi parle ton premier album Premiers émois ?
V. s. M. Ça retrace dans les grandes lignes tout ce que j’ai vécu jusqu’à maintenant. Ça parle d’amour, de chagrin, de rupture, de peur… Tout ce qui compose un être vivant.
M. Ton univers musical ?
V. s. M. J’ai parlé un jour de “rap délicat”, je trouve ça presque paradoxal, mais je ne sais pas trop comment le décrire, en fait. Et j’ignore si ça sert à grand-chose. Aujourd’hui, tout est tellement mélangé qu’il n’y a même plus vraiment d’univers musicaux. Ce que je fais peut être assimilé à de la pop. Quand je fais des radios, on me présente toujours différemment. Certains parlent d’électro, d’autres de pop ou de sonorités années 80…
M. Ton parcours musical ?
V. s. M. Il n’est pas très classique, j’ai fait un peu de piano, mais je ne suis pas allée au conservatoire et le solfège m’a vite lassée, je trouvais ça trop scolaire. En revanche, j’écrivais beaucoup, des choses qui me passaient par la tête sur mes tourments, mes amours. C’était comme un journal intime. Un jour, j’ai écrit une première chanson, qui a plu, et c’est comme ça que tout a démarré. Mais je n’avais pas d’attentes, je faisais ça parce que ça m’amusait. Honnêtement, je ne pensais pas en arriver là.
M. Tu n’avais pas envisager ce métier ?
V. s. M. Pas du tout, il s’agit d’un heureux concours de circonstances. J’ai rencontré mon manager qui a été séduit par cette première chanson et qui m’a proposé de travailler avec lui. Je n’avais pas grand-chose à faire à cette époque et puis je suis curieuse, donc j’ai accepté. Mais je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que j’allais devenir chanteuse… Je me dis souvent que j’ai eu de la chance. Les astres se sont alignés.
M. Tu composes ?
V. s. M. Non, je travaille avec le compositeur Lewis OfMan que j’ai rencontré il y a trois ans. J’aime bien ce qu’il apporte à mes chansons et on a une bonne communication, il comprend tout ce que je veux très vite. Au début, je ne connaissais aucun terme technique donc je lui disais : “J’imagine un champ de blé avec une lumière de fin de journée”, et il comprenait immédiatement ce que je voulais. Il arrive à retranscrire un univers avec juste des idées, une image.
M. Puisqu’on parle musique et images, quelles sont tes influences ?
V. s. M. Mon père avait des goûts très éclectiques, des Pink Floyd à Renaud en passant par les Rita Mitsouko, Queen, AC/DC, et même la bossa-nova ! Moi j’écoutais Gainsbourg, Petula Clark, un peu Niagara et toutes sortes de raps, 50 Cent, Eminem et du rap allemand.
M. Il y a d’autres artistes qui t’inspirent ?
V. s. M. J’adore les photos de Martin Parr, Matisse en peinture, certaines périodes de Picasso, Yves Klein aussi. Et puis, je m’inspire beaucoup du cinéma. Je vais voir des films tourmentés dont je ressors en pleurs, j’adore ça ! Les comédies m’emmerdent profondément : je peux en regarder une le dimanche chez moi de temps en temps, mais je n’irais pas au cinéma pour ça ; j’aime me sentir chamboulée par un film, que ça provoque des choses en moi. C’est pour ça que j’adore ce que font Maïwenn, Emmanuelle Bercot et Xavier Dolan.